Et au début, était…

Je me suis longtemps interrogée sur la meilleure manière de commencer ce blog.

Je n’ai pas trouvé la meilleure, mais une qui me convienne : ce premier billet sera un retour sur les fondamentaux.

Question fondamentale : c’est quoi, le vin ?

Techniquement, c’est du jus de raisin fermenté. Ce qui veut dire que, si par un beau matin d’automne ensoleillé, bercé d’une fraîche brise et de rêves de retour à la terre, vous prenait l’envie de produire votre vin, vous n’auriez que peu de gestes à faire : quelques grappes de raisins dont vous extrayez le jus, jus que vous entreposez dans un récipient, vous attendez le temps qu’il faut, et Ô magie, vous aurez du vin. Quant à savoir s’il sera bon, je vous laisse seul juge de vos qualités de vigneron.

Car, c’est bien là que le bât blesse : fabriquer du bon vin n’est pas à la portée de tous. Cela nécessite de nombreuses connaissances, une parcelle de terre qui se prête à la viticulture, des vignes, du matériel, et un talent certain.

Alors, c’est quoi le vin ?

Le vin serait donc le fruit du travail du vigneron et de son équipe : ce sont des pieds de vignes qui ont grandi dans une terre préservée et saine, ce sont des grappes de raisins vendangées au bon moment, ni trop mûres, ni pas assez, avec délicatesse et égards pour la plante. Ce sont des baies traitées avec respect pendant l’éraflage et la presse. Ce sont des jus extraits puis déposés dans du matériel en bon état et propre. Ce sont les levures qui vont lentement transformer le sucre contenu dans les baies en alcool.  La fermentation alcoolique achevée, la fermentation malolactique va commencer : c’est la transformation de l’acide malique en acide lactique, processus qui va libérer du gaz carbonique et donc augmenter la température du vin, tout en faisant baisser son taux d’acidité. Maintenant, il va falloir laisser le vin mûrir, se patiner, qu’il définisse son caractère. C’est le talent et le travail du vigneron que de savoir, pendant ces différentes phases, s’il doit intervenir, et dans quelle mesure, lors de cette vinification : contrôle des températures, remontage, pigeage, soutirage, filtration, collage, sulfitage, etc. En dernier lieu, ce sera l’assemblage : différents jus qui seront assemblés pour créer l’équilibre parfait, pour mettre en valeur cette terre et ces plantes qui ont été travaillées toute l’année, pour faire ressortir un arôme remarquable ou une texture singulière, pour plaire à une personne en particulier ou pour plaire au plus grand nombre, et pour retrouver la satisfaction de savoir que plus tard, cette bouteille sera partagée autour d’un repas entre amis, en famille, ou à l’apéro dans un bistrot.

Donc, le vin, ce serait une suite de gestes techniques, dispensés par un savant qui porte la double casquette agriculteur et chimiste ? Oui mais que fait-on de cette émotion, de cette satisfaction du travail achevé dans le respect de sa terre et de ses plantes, de la bienveillance de la démarche du vigneron qui fait son travail pour subvenir à ses besoins et gagner de l’argent, mais avec la noblesse des besogneux qui à la fin, font montre de partager le bon, qu’ils ont fabriqué de leurs mains ?

Finalement, le vin, c’est quoi ?

C’est une quille ouverte entre amis sans autre cérémonie que l’envie de passer un bon moment ensemble après une rude journée, c’est la bouteille de Bordeaux que Papa ouvre le dimanche midi pendant le déjeuner familial hebdomadaire, c’est la fraise et la garrigue qui viennent chatouiller le nez sans que l’on réussisse à mettre un nom dessus, ce sont les deux jeunes femmes qui se retrouvent pour un apéro et qui ont terminé ce Malbec mais vraiment, il aurait fallu s’arrêter avant parce que demain matin ce sera difficile, c’est le jeune garçon qui vide le reste d’un verre de vin qui traînait sur la table du déjeuner en famille lorsque les convives sont affairés en cuisine,  c’est un couple qui ouvre une bouteille de Champagne, un soir, juste parce qu’ils s’aiment et qu’ils veulent le célébrer, c’est une personne qui rentre chez elle après une journée chargée et qui se sert un verre de la bouteille de viognier ouverte hier soir, c’est le papy qui sert un verre de Gewürztraminer à sa petite fille de 16 ans mais qui le coupe à l’eau parce que sinon c’est trop fort, et que là c’est que pour le goût, c’est le pulpeux de l’abricot qui roule dans la bouche et c’est la pierre chauffée au soleil qui tranche, c’est l’amitié, c’est la joie, c’est aussi le vin mauvais que l’on recrache, c’est le sourire, c’est la grogne, c’est le piment, le sel et de ce qui fait les jolis moments.

Voilà, pour moi, le vin c’est un peu tout ça.

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2 réponses à “Et au début, était…

  1. Très joli début pour ce blog nouveau, il donne envie de la suite… Et de boire un petit coup ! À ta santé !

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