Que boire avec… un écrivain très sérieux du XIXe siècle ?

emile-zola

Ce dimanche après-midi, il pleut, il vente, l’envie de se pelotonner dans un gros fauteuil au coin d’une cheminée avec un bon livre se fait pressante.  La tempête approche, la cheminée diffuse son réconfort et l’odeur du bois dans la cheminée porte votre inclination vers une valeur sûre, du grandiose, du style et de la maîtrise. Vous décidez alors, avec enthousiasme et bravoure de vous (re ?) plonger dans la lecture de l’oeuvre d’Emile Zola*. Carrément. Vous visualisez l’instant précis, cet inestimable moment qui s’annonce, où après avoir sélectionné l’ouvrage, vous vous installerez dans ce canapé douillet, un verre de vin à la main, et vous vous abandonnerez à cette oeuvre magistrale dès les premiers mots.

 » Au milieu du grand silence, et dans le désert de l’avenue, les voitures de maraîchers montaient vers Paris, avec les cahots rythmés de leurs roues, dont les échos battaient les façades des maisons, endormies aux deux bords, derrière les lignes confuses des ormes.  » (Le ventre de Paris)

Un verre de vin ? Evidemment.

Mais lequel ?

Quel critère appliquer, et par où commencer ? Devant un océan si vaste de possibilités, nous pourrions choisir la méthode géographique. Souvent utilisée en gastronomie lors des accords mets /vins, il s’agit d’ associer une spécialité culinaire régionale à un vin de la même région. cette méthode fonctionne très bien avec les fromages, notamment. Par exemple, un superbe Beaufort s’entendra à merveille avec une Roussette de Savoie qui appuiera la puissance du Beaufort par son côté acidulé et végétal, l’un apaisant l’autre. Pourtant, je ne me résous pas à comparer Emile Zola à un fromage, ou même à un juteux boeuf bourguignon (D’autant qu’Emile Zola est né à Paris, ce qui ne nous faciliterait pas la tâche pour y associer un vignoble). M’est avis que lorsque l’on se frotte à une oeuvre classique de ce gabarit, si dense et si rigoureuse, il faut y associer un vin modeste, léger et insouciant pour préserver les équilibres entre cette nourriture pour cerveau si riche et un breuvage qui ne ferait que l’alourdir et le rendre indigeste. C’est pourquoi, je vous conseillerais d’aller vers un vin jeune et vif, vêtu de simplicité. Rouge.

Mais c’est bien sûr ! C’est un Beaujo qu’il vous faut ! Un vin du Beaujolais, frais et croquant, le gamay qui se balade sur la langue en sautillant, joyeux d’être là, insouciant et attentif à ne pas se prendre trop au sérieux. En matière de Beaujolais, j’aime les vins de Julien Sunier, petites merveilles de fruits et de croquant , avec un petit coup de cœur supplémentaire pour le Régnié. Vous pouvez y aller les yeux fermés !

* Ce conseil fonctionne aussi avec Marcel Proust (né à Paris aussi, bien que techniquement il ait vécu plus longtemps au XXe siècle qu’au XIXe, mais on ne va pas chipoter), ou tout autre écrivain du XIXe siècle dont les écrits nous sembleraient légèrement rébarbatifs.

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