Domaine Plageoles, duras 2011

duras2011

La semaine dernière, j’ai eu les deux très agréables surprises de découvrir le restaurant l’Entredgeu (rue Laugier, Paris 17ème, j’en reparlerai plus longuement prochainement), et le duras 2011 du  domaine Plageoles. Nous étions 8 convives à avoir choisi des plats très différents, et m’est revenue la fonction de choisir le vin pour accompagner les canards, lottes, agneau et boeufs servis. La carte des vins de l’Entredgeu étant prodigieusement bien fournie, il m’a fallu un certain temps pour la parcourir. Ligne après ligne, je me disais « oh oui celui-ci ? » « Ou plutôt celui-là ? » « Oh non, celui-là ». Mais chaque fois, je savais que l’un de nous serait lésé par le choix du vin qui ne se marierait pas avantageusement à son plat. Tâche ardue s’il en est ! Quelle pression !

Et puis, je tombe sur le duras de Plageoles. Tilt ! J’avais entendu parlé du domaine à plusieurs reprises, mais je n’avais jamais eu l’occasion de goûter. Et ce duras titillait ma curiosité. Mon choix était fait.

La bouteille arrive sur la table, et là, agréable surprise : l’étiquette est minimaliste, lettres noires sur fond blanc. Pas de chichi, on nous annonce la couleur : il est ici question de franchise, de naturel et de limpidité. Ca me plait.

Je remplis les verres, sauf le mien (si vous n’avez pas suivi, vous pouvez vous rattraper ici) dans lequel je ne verse que le nécessaire à une dégustation concise et efficace. Mes quelques tout petits centilitres font triste mine devant moi alors que les autres verres de la table exhibant joyeusement leur grenat frais et dansant.

Je m’applique, je me concentre, je ne voudrais pas gâcher le peu que je m’accorde : c’est que ça a l’air très bon, je ne veux pas passer à côté. C’est une affaire sérieuse qui se joue ici, tandis que les convives rient et profitent insoucieusement, j’en fait une affaire personnelle et cérémonieuse.

Je plonge mon nez dans le verre. Mmmh.

C’est là que je comprends ma méprise : il n’est pas question de cérémonie ou de sérieux ici. On y explore au contraire la légèreté et le bagout, l’authentique et l’amical. Ce dîner entre amis autour d’une grande table est probablement la meilleure occasion de boire ce duras. Le fruit est mûr et ensoleillé. Les petites baies juteuses et sucrées jouent aux équilibristes sur le fil tendu de la trame acide, toujours en parfaite harmonie. Ca sent drôlement bon, c’est profond mais c’est aussi facile et plaisant. Comme une discussion entre amis.

Je goûte. La matière est souple, les tanins sont très fins, c’est délicat et robuste en même temps. Pas de bois ici, on y trouvera des petits fruits noirs croquants chauffés au soleil et des notes de poivre blanc douces qui relèvent discrètement le tout d’un air mutin.

Ca se boit tout seul, la première quille sera d’ailleurs vidée aussi vite qu’arrivée. C’est un vin singulier, bienveillant et honnête, qui fait pousser les sourires sur les visages.

(Désolée pour la piètre qualité de la photo, mais j’ai dû faire avec les moyens du bord)

Bernard Plageoles s’est prêté à l’exercice de mon petit questionnaire, c’est  ici !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s