Le merlot

merlot

J’avoue cette faiblesse : le merlot m’ennuie. Je le trouve consensuel, vaguement fadasse, et souvent mou du bulbe. Voilà, c’est dit. Mais, la présentation de Pascal Amoreau et de son amour inconditionnel du merlot m’ont donné à réfléchir. Peut-être que je passe à côté de quelque chose, finalement, en boudant le merlot ?

C’est ainsi que j’ai décidé de me pencher un peu plus sur ce cépage, histoire de ne pas rester plantée sur mes a priori. Prochaine étape : dégustation ! En attendant, retour sur les fondamentaux.

C’est quoi, le merlot ?

Le merlot est un cépage rouge, très répandu en France et dans le monde. On l’appelle aussi merlau, petit merle, plant médoc ou sémillon rouge. Il tient son nom de la gourmandise avec laquelle les merles se nourrissent de ses petits grains sucrés qui mûrissent très tôt dans l’année.

bébé merlot

bébé merlot

Un peu d’histoire ?

On rencontre le merlot en France à la fin du XVIIIème siècle, dans la région bordelaise, c’est bien après le cabernet-sauvignon et le cabernet franc. Il se plait sur des sols froids, plutôt argileux, c’est pourquoi il sera tout d’abord implanté à l’est, dans le libournais, du côté de Pomerol et de Saint-Emilion, loin du rivage atlantique. Il y sera consacré Roi.

Merlot tout jeune.

Merlot tout jeune.

Un peu de géographie ?

Le merlot, ce bordelais. Il se partage la plupart du temps la couronne avec le cabernet sauvignon, sauf en libournais où il règne en maître absolu (75% de la surface plantée en libournais, 65 000 ha sur l’ensemble du bordelais). Le fameux Château Petrus de Pomerol est planté à 95% de merlot. On le retrouve ensuite du côté de Fronsac, Bergerac, Cahors, Madiran, et dans le Languedoc.

Dans le sud ouest, le merlot est travaillé en assemblage : il apporte rondeur et souplesse au cabernet sauvignon en Médoc et en Graves, au malbec de Cahors et au tannat de Madiran.

En Languedoc, il est plutôt utilisé en monocépage : facile à travailler, plutôt résistant, avec une palette aromatique très vaste et des rendements élevés, c’est un champion, et en plus tout le monde le connaît, donc il se vend bien.

Dans le monde, c’est maintenant le premier cépage rouge planté, avec plus de 250 000 ha de vignes, aussi bien en Amérique du nord, du sud, en Australie, en Afrique du sud et en Europe, et plus récemment en Chine, où il ne cesse de progresser. Un champion, je vous dis !

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Quelques caractéristiques ?

Le merlot c’est le roi du sud de la Loire, caméléon et adaptable : il pousse partout où le sol est un peu argileux et bien drainé, plutôt en bas de pente, il n’aime pas les côteaux, c’est sont truc. Soit. Il mûrit vite et bien, mais c’est là qu’il faut faire attention : la date de vendange est primordiale ! La surmaturité ne lui sied guère, et lui ferait perdre tout son attrait, le rendant lourd et tannique, ce qu’il n’est pas. Il bourgeonne rapidement aussi, donc gaffe aux gelées printanières ! En revanche, il ne craint pas particulièrement les maladies, c’est un robuste. Il faudra tout de même faire attention aux coulures et à la pourriture grise, il n’est pas invincible non plus, mais dans l’ensemble il est costaud.

A Bordeaux, il est utilisé quasiment exclusivement en assemblage avec le cabernet sauvignon et le cabernet franc. C’est trois là font la paire (et oui !) : le merlot apporte rondeur et chaleur avec son air jovial au cabernet sauvignon rustique et tannique, tandis que le cabernet franc et son élégance surannée saupoudre l’ensemble d’un raffinement tout bordelais. On se croirait dans un roman de Balzac, dans une grande demeure bourgeoise où trois soeurs très différentes et parfaitement complémentaires fomentent un joli coup dans le dos de leurs parents très riches.

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Ça a quel goût, le merlot ?

Le merlot c’est le petit fruit noir sucré, la mûre que l’on cueille fin août et dont le jus nous coule sur les doigts, noir violacé. C’est la framboise charnue et juteuse, la tiédeur d’une terrasse ensoleillée de Saint-Emilion à l’heure du déjeuner, c’est un apéritif entre amis au jardin sous la tonnelle, c’est le sourire bonhomme du marchand de vin qui vous souhaite une très bonne journée, ma petite dame ! C’est rond, c’est velouté, c’est fruité et élégant. Quand c’est jeune. En vieillissant, il retourne vers sa nature terrienne et se pare de notes de sous bois, de cuir, d’épices douces et de pruneau. Je le préfère dans sa jeunesse où il explore toute une gamme amicale et affable qui le rend plaisant et aimable.

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